Focus cépage : le Chasselas, raisin de table noble et vin d’avenir

Focus cépage : le Chasselas, raisin de table noble et vin d’avenir

Ses baies, à la couleur ambrée chatoyante, ont trôné à la table de Louis XV, son vignoble emblématique est inscrit au patrimoine de l’UNESCO.
Le Chasselas est bien plus qu’un cépage, c’est un trésor viticole. Partons à la découverte d’une variété surprenante, qui a traversé les siècles, et qui pourrait bien se réinventer...

Le Chasselas, un cépage qui a traversé les siècles

Le Chasselas fait partie des cépages les plus anciens de la vigne cultivée. Sa mère patrie est la Suisse, et plus précisément le canton de Vaud, où il est présent depuis plus de 1000 ans.

Il arrive en France dès 1730. Péché mignon de Louis XV, le roi le Bien-Aimé, qui fait venir des plants plantés au château de Fontainebleau. Le Chasselas doré de Fontainebleau, en référence à la superbe couleur de ses baies, va rapidement conquérir les papilles de la noblesse française.

Le Chasselas, un cépage à la renommée internationale

Même si ses surfaces cultivées n’atteignent pas des sommets, environ 38 000 hectares plantés dans le monde, contre 210 000 hectares pour le Chardonnay, le Chasselas fait saliver la planète entière.

Aujourd’hui, son vignoble autochtone, la Suisse, n’arrive qu’en 3ème place du classement mondial (3 800 hectares), derrière la Roumanie (13 000 hectares) et la Hongrie (9 000 hectares), suivies par la France (2 500 hectares), puis l’Allemagne (1 100 hectares).

Il existe même une Journée mondiale du Chasselas, célébrée tous les 12 décembre, où il est mis à l’honneur à travers dégustations et animations, relayées avec ferveur sur les réseaux sociaux.

Le Chasselas, un cépage aussi bien à la table qu’en bouteille

La grande particularité du Chasselas est qu’il à la fois connu pour la production de raisin de table et pour la vinification. Ses raisins sont excellents à manger à la main comme à faire du vin.
Peu de variétés, hormis le Muscat, possèdent cette singularité. En règle générale, les cépages aux bonnes aptitudes œnologiques sont peu gourmands lorsqu’on se contente de consommer leurs raisins : peu d’arômes, pellicules épaisses, trop de pépins.

Le Chasselas, un cépage inscrit au patrimoine de l’UNESCO

Le superbe vignoble de Lavaux, en Suisse, dont les terrasses vertigineuses cerclées de murs en pierre offrent une vue à couper le souffle sur les Alpes et le lac Léman, est officiellement inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2007 comme paysage culturel vivant.
Le Chasselas est le cépage dominant et emblématique de Lavaux. Il représente plus de 80% des surfaces, exclusivement destinées à la production d’un vin blanc sec d’une élégance rare.

Le Chasselas en France, le premier fruit reconnu en AOC

En France, le Chasselas suit la tendance internationale. Ses surfaces restent minoritaires, autour de 2 500 hectares, et pourtant tout le monde le connaît.
Il est principalement réputé pour ses raisins destinés à la table. Le nec plus ultra étant l’appellation Moissac, dans le Sud-Ouest, où il fut le premier fruit, en 1971, à bénéficier d’une AOC. Ses baies sont suaves et juteuses, dotées d’une peau très fine, avec un goût délicat de miel de fleur blanche et d’amande fraîche.
Les vins produits à base de Chasselas sont aujourd’hui anecdotiques. On peut néanmoins avoir la chance de déguster quelques cuvées singulières en Savoie, en Alsace ou à Pouilly-sur-Loire.

Le Chasselas, une alternative face au réchauffement climatique ?

Le Chasselas s’est vu férocement concurrencé, depuis les années 1960, par des raisins de table plus aromatiques, sans pépins, moins sensibles aux maladies et produits dans des pays aux coûts de production plus faibles. Comme notamment l’Italia et le Muscat de Hambourg en Italie, La Sultanine en Espagne et en Afrique du Sud, ou encore le Cardinal en Californie.

Dans un contexte de changement climatique, les vigneronnes et vignerons doivent s’adapter en envisageant de nouveaux cépages. Et pourquoi pas le Chasselas ?

Cette variété précoce, qui atteint une maturité optimale avec une faible accumulation de sucres, engendre des vins peu élevés en alcool, élégants, aux arômes subtils d’aubépine, de citron, de menthe et de noisette.

Si la compétition est vaine, en tant que raisin de table, face aux vignobles industriels qui approvisionnent les grandes surfaces, le Chasselas pourrait, à l’avenir, tirer son épingle du jeu avec des cuvées originales, tout en légèreté...

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