
Comment choisir un vin en supermarché ?

Choisir un vin en supermarché sans l’avoir goûté n’est facile pour personne, y compris pour les professionnels. En revanche, il existe plusieurs repères utiles pour éviter de se tromper parmi les nombreuses références en rayon. Budget, type de repas, appellation, contre-étiquette, macarons ou dégustations : quelques réflexes simples permettent déjà de faire un choix plus cohérent.
Pour éclairer ces repères, Toutlevin & PLUS a réuni les conseils de plusieurs professionnels du vin : sommeliers, professeurs et spécialistes de la dégustation. Ils partagent ici leurs réflexes pour mieux choisir une bouteille en supermarché.
Préparer son achat avant d’entrer dans le rayon
Avant même de regarder les bouteilles, il vaut mieux savoir ce que l’on cherche. Définir un budget et penser au plat à accompagner permet déjà de réduire fortement le nombre d’options. C’est souvent la meilleure façon d’éviter un achat fait au hasard dans un rayon très chargé.
Ne cherchez pas l’inspiration dans le rayon. L’achat d’une bouteille en supermarché doit se préparer, comme une liste de courses. Essayez d’établir une fourchette de prix pour faire une première sélection. Si vous êtes invité et que votre hôte vous demande d’apporter une bouteille, renseignez vous sur le plat qu’elle accompagnera : vous pourrez déjà vous faire une idée du type de vin que vous recherchez. Une fois sur place, tenez-vous-en à ces critères. Il est beaucoup plus simple de s’y retrouver lorsqu’on réduit l’offre à des vins rouges corsés entre 5 et 7 euros, par exemple.
– Fabrizio Bucella, sommelier, professeur à l’Université Libre de Bruxelles et contributeur de la Revue du Vin de France
Lire la contre-étiquette avec méthode
La contre-étiquette ne dit pas tout, mais elle peut aider à départager deux bouteilles proches en apparence. Encore faut-il savoir ce que l’on y cherche vraiment.
Les signatures qui peuvent rassurer
Certaines maisons ou certains négociants bien identifiés peuvent constituer un repère au moment de choisir. Cela ne dispense pas de lire le reste, mais cela peut donner un premier niveau de confiance dans un univers où l’offre est très large.
Si vous hésitez encore entre plusieurs bouteilles, prenez le temps de lire la contre-étiquette. Plusieurs négociants réputés produisent des vins spécialement pour la grande distribution, comme Michel Chapoutier ou Moueix. Leur nom est alors un gage de qualité.
– Fabrizio Bucella, sommelier, professeur à l’Université Libre de Bruxelles et contributeur de la Revue du Vin de France
Les mentions à ne pas surinterpréter
Certaines formules attirent l’œil, mais elles ne suffisent pas à juger la qualité d’un vin. À l’inverse, des informations plus précises sur le terroir ou le travail du vigneron peuvent parfois être plus utiles pour se faire une idée du style de la bouteille.
Attention aux contre-étiquettes ! Les mentions “vieilli en fût de chêne” ou “mis en bouteille au château” ne sont pas forcément des gages de qualité : la plupart des producteurs sont en mesure de l’indiquer. À l’inverse, les bouteilles qui mentionnent des indications de terroir ou des détails sur la façon de travailler du vigneron peuvent cacher des vins plus intéressants.
– Catherine Agelasto, sommelière
Ne pas se limiter aux appellations les plus connues
Les appellations les plus visibles occupent souvent l’essentiel du rayon, mais elles ne sont pas les seules à mériter l’attention. Une présence plus discrète peut parfois signaler une sélection intéressante, surtout lorsque le magasin travaille un peu son offre.
Les vins de Bordeaux et de Bourgogne représentent la grande majorité des références proposées en supermarché. N’hésitez pas à vous diriger vers des appellations plus confidentielles si elles sont présentes : elles ne sont pas là par hasard ! Un acheteur averti se cache souvent derrière cette sélection intéressante.
– Isabelle Spiri, blogueuse spécialiste du vin et de la gastronomie sur Le Bout de ma Langue
Utiliser les repères visuels avec discernement
Les macarons, médailles et labels peuvent aider à faire un premier tri. Ils sont utiles comme indicateurs, mais ils ne remplacent pas le contexte d’achat ni les préférences personnelles.
Les macarons des guides
Dans un rayon où l’on décide vite, les macarons peuvent jouer un rôle de filtre. Ils attirent l’attention sur des vins déjà goûtés et distingués par des professionnels.
Vous pouvez également vous fier à certains macarons apposés sur les bouteilles, comme ceux des guides Bettane & Dessauve ou Gilbert & Gaillard. Ils sont décernés par des professionnels qui goûtent plusieurs milliers de références chaque année.
– Isabelle Spiri, blogueuse spécialiste du vin et de la gastronomie sur Le Bout de ma Langue
Les médailles de concours
Toutes les médailles ne se lisent pas de la même manière. Les concours les plus connus donnent un repère large, tandis que certains concours régionaux peuvent être plus parlants pour comparer des vins issus d’une même région viticole.
Fiez vous aux macarons des concours les plus réputés, comme le Concours Général Agricole ou le Concours Mondial de Bruxelles, lors desquels de nombreux vins sont dégustés. À l’échelle locale, préférez les médailles décernées dans la même région : pour les vins de Loire, mieux vaut se fier au Concours des Ligers, qui départage chaque année les producteurs du Val de Loire, qu’au Concours de Mâcon, où seule une petite sélection est représentée.
– Vanessa Godfrin, sommelière et blogueuse sur Le Secret des Papilles
Le label Vigneron Indépendant
Ce label peut aussi servir de point de repère pour certains acheteurs. Il renvoie à un cadre précis et à une implication directe du producteur dans différentes étapes du vin.
Le label Vigneron Indépendant peut également aider à faire un choix : il est soumis à une charte très précise, qui garantit l’implication totale du viticulteur, de la taille de la vigne à la distribution des vins.
– Vanessa Godfrin, sommelière et blogueuse sur Le Secret des Papilles
Garder quelques repères sur les styles de vin
Quand on ne connaît pas la bouteille, avoir en tête quelques profils régionaux peut aider à affiner son choix. Il faut les voir comme des repères de lecture, pas comme des promesses absolues, car les styles peuvent varier au sein d’une même appellation ou d’une même région.
Même s’il existe de grands écarts au sein des AOC, gardez en tête les grandes caractéristiques des régions viticoles : le côté fruité du Beaujolais, les tanins mûrs du Languedoc, la finesse de la Bourgogne… Cela permettra d’affiner votre choix.
– Catherine Agelasto, sommelière
Demander conseil quand c’est possible
Même en grande distribution, le choix ne se résume pas forcément à l’étiquette. Le conseil humain et la dégustation peuvent rester des aides concrètes.
Les chefs de rayon
Selon les enseignes, il arrive qu’un responsable de rayon connaisse réellement sa sélection. Lorsqu’il est disponible, cela vaut le coup de lui demander un avis ciblé, en fonction d’un budget ou d’un plat.
Dans tous les cas, essayez de trouver un conseiller. Vous tomberez peut-être sur un chef de rayon passionné qui saura vous aiguiller.
– Catherine Agelasto, sommelière
Les dégustations en magasin
Lorsqu’elles existent, les dégustations sont souvent le moyen le plus simple de repérer des bouteilles à retenir pour plus tard. Elles permettent de construire progressivement quelques repères personnels, ce qui manque souvent au moment de choisir un vin en supermarché.
Surtout, n’hésitez pas à participer aux dégustations proposées par votre supermarché. Vous pourrez vous constituer une liste de valeurs sûres à acheter tout au long de l’année.
– Vanessa Godfrin, sommelière et blogueuse sur Le Secret des Papilles
Article mis à jour par la Rédaction de Toutlevin & PLUS